Charity Lloyd

Charity Lloyd a 19 ans. Elle s’est mariée à l’âge de 17 ans après la mort de sa mère, emportée par les inondations qui ont frappé le district de Nsanje au Malawi, une catastrophe que certains experts lient au changement climatique. Son père était mort quelques années plus tôt. Elle vit dans le village de Malakeza, dans le district de Nsanje, avec son mari Isaac Chuva, âgé 23 ans, et leur fille Eveless, âgée d’un an et demi.

“Je m’appelle Charity Lloyd. J’ai 19 ans. Quand les inondations sont arrivées en 2015, je savais que ma mère était seule à la maison. J’ai loué un bateau pour aller la chercher. J’ai donc réussi à la sauver. Mais ma mère est tombée malade pendant que nous étions dans le camp. Ils l’ont emmenée à l’hôpital, elle est restée là-bas pendant une journée et ensuite elle est décédée.

Je me sentais mal car à ce moment-là je me suis retrouvée toute seule. Je n’avais personne pour s’occuper de moi. Dans le camp, toutes les aides étaient uniquement destinés aux familles. Cela m’a incitée à trouver un mari. J’ai eu la chance de tomber sur un homme et nous avons décidé de nous marier. Notre mariage va bien, mais nous devons nous battre. Nous ne récoltons pas assez pour nourrir notre famille.

C’est une conséquence du changement climatique, parce qu’il ne pleut pas assez et il y a aussi des périodes de sécheresse continue. L’abattage effréné des arbres a provoqué ces changements de temps. Même la coupe d’arbres autour des rivières provoque des inondations car il n’y a plus rien pour barrer l’eau.

Quand mon père était vivant, nous parvenions à cultiver et à récolter assez de nourriture. Mais quand il est décédé, c’est devenu difficile pour nous de survivre. J’ai arrêté d’aller à l’école à 15 ans.

Quand j’étais petite, je rêvais d’aller à l’école secondaire. Parce que dans une communauté, les opportunités sont offertes à ceux qui savent lire et écrire. Je voulais donc aller à l’école pour pouvoir participer à la vie de la communauté. Mais je n’ai pas la possibilité de retourner à l’école parce que je dois m’occuper de ma fille. Personne d’autre peut le faire pour moi, donc je dois rester à la maison, dans le village pour elle.

Quand le soleil se lève, je me concentre sur les tâches ménagères, je cuisine, je fais la lessive, tout en prenant soin de ma fille. Je pensais que j’allais me marier à 25 ans. Je ne savais pas à quoi m’attendre du mariage, je ne connaissais rien. Nous étions mariés depuis dix mois quand je suis tombée enceinte. Je rêve d’offrir à ma fille une éducation. Je voudrais qu’elle aille à l’école, jusqu’au lycée, pour qu’elle puisse ensuite obtenir un bon travail.

L’histoire du mari

“Je suis Isaac Chuva. J’ai 23 ans. Après avoir fui les inondations, les gens venaient au camp pour obtenir de la nourriture et pouvoir manger.

Je restais avec mon frère dans le camp. Et elle restait avec sa mère. Quand elle a perdu sa mère, elle n’a pas plus pu obtenir de la nourriture. C’était difficile, pour moi aussi. Alors nous nous sommes assis et avons discuté de la possibilité de fonder une famille, afin que nous puissions avoir accès aux rations alimentaires. L’inondation nous a réunis.

En général, nous nous occupons tous les deux du champ. Mais comme la récolte n’est pas suffisante, je me lève tôt et j’essaie d’obtenir des petits boulots pour gagner de l’argent.

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